Illustration de la rapidité des avancées technologiques.

Source : Deloitte University Press, Rewriting the Rules for the Digital Age, mars 2017.

La première courbe, celle relative à la technologie, représente le progrès scientifique. Cette courbe commence à plat, puis s’élève lentement avant de filer droit vers le haut du graphique. Thomas L. Friedman, trois fois récompensé par un prix Pulitzer, donne les exemples suivants dans son livre Merci d’être en retard (2016), quant à cette courbe : « D’abord, l’imprimerie, puis le télégraphe, la machine à écrire, le télex, l’ordinateur central, le premier traitement de texte, le PC, Internet, l’ordinateur portable, le téléphone mobile, les moteurs de recherche, les applications, les mégadonnées (big data), la réalité virtuelle, le séquençage du génome humain, l’intelligence artificielle et la voiture autonome ».

Les deuxième, troisième et quatrième courbes, illustrées par Deloitte dans Rewriting the rules for the digital age (2017), représentent le rythme d’adaptation des individus, des entreprises et des sociétés aux avancées technologiques.

La courbe relative aux individus montre que les individus adoptent de façon relativement rapide et habile les nouveautés technologiques. Comme l’illustre la courbe relative aux entreprises, les organisations évoluent quant à elles à un rythme plus lent. Devant la rapidité des avancées technologiques, les organisations éprouvent des difficultés à s’adapter et à gérer le changement, ce qui se répercute notamment dans la gestion de leur personnel.

Finalement, la quatrième courbe représente les politiques publiques, y compris les politiques concernant l’inégalité des revenus, le chômage, l’immigration et le commerce. De telles questions, qui touchent les entreprises par l’intermédiaire de la réglementation, des taxes et de la législation, s’adaptent à un rythme encore plus lent. Les politiques publiques liées à des sujets tels que le salaire minimum, les tarifs commerciaux, l’immigration et l’éducation ne changent qu’après des années de débat public.

Thomas L. Friedman fait les remarques suivantes quant à cette adaptation :

  • « S’il faut de dix à quinze ans pour comprendre les tenants et aboutissants d’une nouvelle technologie, puis concevoir l’arsenal législatif qui l’encadre, comment fait-on pour réguler quand cette technologie s’impose puis disparaît en cinq à sept ans? C’est un enjeu multifacettes.
  • L’éducation, elle aussi, devient problématique. Dans un monde en accélération, la seule façon de se maintenir sur le marché du travail est de se former tout au long de la vie.
  • Au lieu d’espérer que les nouvelles réglementations résistent plusieurs décennies, les régulateurs doivent réévaluer en permanence le service qu’ils rendent à la société. »

Il est maintenant indispensable de comprendre ces quatre courbes et les lacunes croissantes entre la technologie, les individus, les entreprises et les politiques publiques pour naviguer efficacement dans le monde du capital humain.